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Actualité du jeu vidéo
Vaudou
posté 30/06/2020 11:27
Message #17781


There Will Be No Shame
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y a des bonnes promos sur steam en ce moment



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"J'ai collé corps et âme aux ambitions du club." Edaourd

"Rabiot n'a pas joué en 2019, après 15-20 jours à un haut niveau il s'est écroulé" Sarri

"Je crois qu'il est de toute façon trop tard pour sauver le club, l’idéologie socialiste sentimentaliste mortifère en vogue l'a trop enfoncé." anakin7
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Schultzy
posté 02/07/2020 10:00
Message #17782


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Ce qui est train de sortir dans la presse concernant cette société merveilleuse qu'est ubisoft vahid.gif


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"Le prix de Pastore, c'est dix ans de Sidaction. C'est triste à dire mesdames messieurs, mais c'est le monde dans lequel on vit" Stéphane Guy.
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DIDI.
posté 02/07/2020 10:35
Message #17783


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Pour ceux qui ont pas suivi, les langues se délient concernant une culture du harcèlement moral et sexuel ancrée au sein d'Ubisoft. En plus de faire des jeux de merde, c'est donc rempli de lâches et de connards. On représente fièrement la France. cool.gif

Hallucinant qu'en 2020 on en soit encore là tout de même.

Si un abonné à Libé peut d'ailleurs nous partager l'article qui est sorti aujourd'hui, ce serait cool.

https://next.liberation.fr/images/2020/07/0...ut-fair_1793062
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Herbert
posté 02/07/2020 11:01
Message #17784


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Citation (DIDI. @ 02/07/2020 11:35) *
En plus de faire des jeux de merde,


y a quelques belles licenses (bon ok généralement en rachetant le studio comme Blue Byte par exemple)


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http://leforum.culturepsg.com/index.php?showtopic=917
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niramo
posté 02/07/2020 11:40
Message #17785


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Spoiler :
RÉCITS DE HARCÈLEMENT ET D'AGRESSIONS SEXUELLES À UBISOFT : «LES JEUX VIDÉO C’EST FUN, ON PEUT TOUT FAIRE, RIEN N’EST GRAVE»

Par Erwan Cario et Marius Chapuis 1 juillet 2020 à 20:31

«Libération» a recueilli une vingtaine de témoignages qui décrivent, au siège du numéro 3 mondial du secteur, un système toxique, dominé par des hommes intouchables, que protégerait «un mur des RH».
«Il y a des hommes de pouvoir qui se permettent tout et qui doivent être écartés de l’entreprise parce qu’ils font du mal aux femmes. Et il y a autour d’eux un système global qui cautionne ces comportements et les protège en empêchant tout recours. Un système qui rend impuissant parce que de toute façon, les jeux vidéo, c’est fun, on rigole, on peut tout faire, tout dire, car rien n’est grave.» Quelques jours après que le frémissement d’un mouvement #MeToo dans le jeu vidéo ne rattrape le fleuron français Ubisoft, et qu’une douzaine de managers très haut placés se voient accusés de harcèlements ou d’agressions sexuelles, les mots que nous confie une ancienne salariée tranchent avec le mail outré du PDG, Yves Guillemot, envoyé aux 15 000 salariés du groupe : «Je suis profondément affecté par ce que je lis et entends depuis quelques jours. Je tiens à exprimer ma profonde solidarité à toutes les personnes qui ont été directement blessées et vous assure que je suivrai personnellement chacune des situations signalées. Ces agissements sont en contradiction totale avec nos valeurs et avec ce que je souhaite pour Ubisoft.»

Les allégations qui se concentraient quelques heures plus tôt sur les studios américains, canadiens et allemands d’Ubisoft se rapprochent soudain du siège du géant du jeu vidéo, à Montreuil, près de Paris. On apprend tout juste, selon le site Bloomberg, la mise à pied de Tommy François, vice-président de l’équipe éditoriale, installé au plus haut de la pyramide.

Au terme de la vingtaine de témoignages d’anciens et actuels employés d’Ubisoft recueillis par Libération, il apparaît que si Tommy François est dépeint comme un manipulateur toxique à l’égard des femmes et parfois des hommes, il aurait bénéficié d’une impunité totale malgré d’innombrables incidents et signalements. Il est décrit comme un prédateur à la tête d’un service largement transformé en boys’ club, protégé par son statut de bras droit de Serge Hascoët, le patron créatif, celui dont les intuitions ont transformé une entreprise familiale en numéro 3 mondial et qui demeure le pivot de toute la stratégie d’Ubisoft. Une entreprise qui affiche publiquement des valeurs progressistes et humanistes, auxquelles ne semblent pas tenus ceux qu’elle nomme ses «talents», qu’il s’agit de retenir à tout prix. Quitte à ce que ce champion du secteur en France sonde, lors d’entretiens d’embauche, le seuil de tolérance des candidats «à un environnement de blagues viriles, lourdes ou parfois un peu sexistes». Quitte à couvrir l’indéfendable ?

«Poulailler»
Ancien présentateur vedette de la chaîne Game One, Tommy François est entré à Ubisoft en 2006, intégrant le service éditorial qui fait la fierté de l’entreprise. Spécificité maison, «l’édito» est la tour de contrôle qui initie, valide ou sanctionne les projets de jeux développés par les nombreux studios du groupe. Promu vice-président de cette structure en 2015, ce Franco-Américain de 46 ans est devenu, grâce à ses talents d’orateur, une des figures publiques de l’entreprise, au point qu’on lui confie le micro lors des conférences à l’E3, grand-messe annuelle du jeu vidéo où se joue l’avenir des franchises stars : Assassin’s Creed, les Lapins crétins, Rayman, Just Dance, etc. En short, baskets et chapeau bigarré, Tommy François détonne dans le monde des top managers, paradant en Colombie à côté de l’armée et des narcos pour doper d’un supplément de réalisme un énième jeu de tir à plusieurs dizaines de millions de dollars.

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Un géant en quête de relance

Avant de nous parler au passé ou au présent de sa vie à Ubisoft, chaque témoin demandera non seulement l’anonymat mais qu’il soit impossible de l’identifier en interne, par un poste ou une situation trop précise. Une fois cet impératif réitéré à plusieurs reprises, les employés de l’édito commencent à nous parler de Tommy François. Un type imposant physiquement, très grand, qui traverse bruyamment l’open space situé au sixième étage de la rue de Lagny, à Montreuil. Un «poulailler» plein à craquer, «où tout le monde voit tout et entend tout», nous répète-t-on. «Sur l’étage, son équipe était particulièrement bruyante. Le stéréotype de l’équipe de mecs, avec des objets, des armes, des posters», détaille Cassandra (1), une ex de l’édito. «C’est un gamin, Tommy, il parle de façon vulgaire mais il a le côté sympa du mec qui fait des batailles d’eau avec ses collègues», explique un ancien d’ECS (Editorial Creative Services), le département de Tommy François. Un troisième, Max : «C’est le genre à jouer à chat-bite avec ceux qui travaillent pour lui ou à écrire au feutre sur le bras des stagiaires.» Le vice-président est aussi présenté comme quelqu’un de très charismatique, de «très animal». Une personnalité changeante, «qui alterne des moments de rire et des colères brutales».

Boys’ club
Tous les témoignages concordent pour décrire un homme incapable d’interagir avec les femmes sans faire en permanence des allusions d’ordre sexuel. «Durant mes années là-bas, il ne s’est pas passé une journée sans réflexion sur mes cheveux, mes vêtements, mon attitude. De la part de Tommy ou de membres de son équipe. Si j’avais le malheur d’arriver avec une trace de dentifrice à côté de la bouche, Tommy me demandait à qui j’avais taillé une pipe… Le plus dingue, se souvient Cassandra, c’est qu’il faisait ça ouvertement, devant tout le monde.» «Un été, une collègue est venue en robe, il a balancé à haute voix : "Ah, excusez-moi, faut que j’aille me masturber !" raconte Max. A une autre, en jupe, il suggère de faire le poirier. Beaucoup de femmes racontent qu’il a pris l’habitude de se glisser derrière elles et de lâcher "tu la sens, là ?"»

«Ce qui est très pervers, c’est qu’on est dans la culture du cool. Tout ça, ce n’est qu’une blague, il faudrait qu’on ne le prenne pas mal.» Comme il ne faudrait pas s’émouvoir des «morues» ou des «ma jolie» lancés à la cantonade. Pas plus que des mains baladeuses. Et puis il y a ces regards, qui reviennent dans les paroles de toutes les femmes que nous avons interrogées. «Des regards sexuels, prolongés. Tout le temps. Quand il vous fait la bise, il s’attarde. Il n’y a pas d’autre mot, c’est dégueulasse, détaille Alice, qui l’a côtoyé alors qu’elle travaillait au même étage. Du coup, on stresse, on se dit qu’il ne faut pas être trop mignonne quand on traverse l’open space.» Sans surprise, les femmes sont largement minoritaires chez Ubisoft, où elles ne représentent que 22 % des effectifs. A l’image d’une industrie du jeu vidéo encore très masculine sur les versants de la production et de la direction.

Autour de Tommy François, une large part du service est dépeinte comme adoptant un comportement de meute. «Chez ECS, la plupart des managers sont des amis très proches, à la vie à la mort. Ils agissent comme sa garde rapprochée», explique Juliette, toujours en poste. Un ancien membre de ce boys’ club admet des blagues de mauvais goût et tente de se justifier : «Il fallait rentrer dans son jeu, dans cette cour des déconneurs. Soit on était dans ce groupe-là, soit on se faisait dégager.» Un comportement digne des fraternités de campus américain qui épuise moralement les femmes du plateau. Plusieurs d’entre elles se souviennent s’être croisées régulièrement en pleurs aux toilettes, se réconfortant mutuellement pour se convaincre que ça allait passer. «Moi, c’est quand j’ai entendu les témoignages de l’affaire Baupin que j’ai réalisé que ce que je subissais, c’était du harcèlement sexuel», explique Cassandra, qui démissionnera quelque temps plus tard. Une incompréhension souvent aggravée par le fait que la plupart des jeunes femmes qui arrivent là sont des passionnées de jeu vidéo. Entrer à Ubisoft constitue un aboutissement. Alors elles encaissent.

Le processus de harcèlement sexuel est pourtant tragiquement classique. Ainsi, Sarah, jeune femme arrivée en bas de l’échelle, a raconté à Libération s’être rapidement retrouvée avec ce vice-président créatif qui vient s’asseoir tous les jours sur le siège voisin pour discuter de tout et de rien, même lorsqu’elle est déjà au milieu d’une conversation. Puis l’invitation à déjeuner répétée, à laquelle elle ne donne pas suite. Jusqu’à ce qu’un jour arrivent les avertissements de collègues d’un autre studio français d’Ubisoft. «Fais attention à toi, Tommy m’a écrit plusieurs fois sur Skype pour savoir si tu venais à la soirée de samedi.» Cette soirée, elle va la passer à éviter de se retrouver seule. Mais Tommy François s’impose, nous raconte-elle, il se rapproche jusqu’à la coincer contre un bar. Des collègues viendront l’exfiltrer.

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«Tous les gens à Ubi vous parleront à un moment de la fête de Noël. Un truc qui crée beaucoup de drames», explique Max. Une soirée institutionnalisée par Ubisoft, qui paie l’hôtel à tous ses employés présents en France. Avec alcool à volonté. «C’était ma première fête de Noël, nous rapporte un jeune homme. J’ai reconnu Tommy, c’était un peu la légende à l’époque, le mec sérieux mais fun. Il était saoul, et il a commencé à parler de ses voyages, etc. avant de nous proposer, avec mon amie, d’aller s’amuser un peu, tout en se tapotant le nez. Il dégageait une énergie super négative, on cherchait à se barrer mais il nous suivait. Avant de partir, il nous a attrapé les fesses et il est parti en souriant. Vraiment creepy.»

Autre témoignage, plus glaçant, celui de Louise. Décembre 2015, le thème de la soirée est Retour vers le futur. Pour une fois, la jeune femme est en robe. Tommy François, son supérieur, aurait tenté de l’embrasser de force tandis que des membres de son équipe la tenaient. Elle se débat, crie, et parvient à fuir, nous raconte-t-elle. Traumatisée, elle se confie le lendemain à une responsable de l’entreprise et se voit expliquer qu’elle a mal interprété ses gestes, que ce n’est qu’une blague, un truc qu’il fait souvent.

Quels que soient les débordements de cet homme au pouvoir immense, qu’il semble pourtant possible, selon la loi, de qualifier de harcèlement ou d’agression sexuels, rien ne paraît prêter à conséquence. Les victimes trouvent toujours quelqu’un pour justifier les agissements de Tommy François. «Tout le monde l’a protégé» est une phrase qui revient avec un systématisme terrifiant dans chacun des témoignages. D’hommes comme de femmes, d’ex-employés comme de personnes en poste. «Dans cet environnement extrêmement toxique, Tommy est le chef d’orchestre mais pas l’unique responsable. Le problème, c’est le système autour qui autorise quelqu’un comme ça à avoir du pouvoir, à s’en servir, dit Cassandra. Qu’années après années, il soit promu, valorisé en externe, et qu’il soit traité complètement différemment d’autres personnes du même rang, c’est un système d’impunité et de privilège. Dans ce système-là, être une femme, c’est être à l’échelon le plus bas.»

Sollicité par Libé, Tommy François a répondu aux accusations par écrit, par l’entremise de son avocat Jérémie Assous, qui conteste «évidemment l’ensemble des faits qui ont été, bien imprudemment, relayés dans la presse». «Nous encourageons, poursuit-il, l’ensemble des personnes qui se disent victimes de nos prétendus agissements à saisir les autorités judiciaires. De telles plaintes auraient ainsi l’avantage de permettre aux autorités de s’assurer de l’authenticité de ces allégations et de nous permettre d’y répondre et d’en démontrer la fausseté.»

S’il est intouchable, nous explique-t-on souvent, c’est qu’il est très très proche de Serge Hascoët. Directeur créatif d’Ubisoft depuis vingt ans, Hascoët supervise toute la stratégie éditoriale de l’entreprise, au point qu’aucun projet ne peut naître, ni avancer, sans son aval. Un homme clé dont les bras droits deviennent mécaniquement très puissants. On nous précise que de tous les vice-présidents, Tommy François est le favori, au point de gagner à Montreuil le sobriquet de «Fou du roi». Il serait un intime de Hascoët, avec qui il partage soirées et vacances. Quand certains les décrivent comme «cul et chemise», d’autres nuancent la nature du lien qui les unit : «Serge et Tommy, c’est pas les Dalton, ils ne sont pas frères. Il y a une vraie relation de pouvoir, explique un ancien de l’édito. Tommy, c’est le fixeur de Serge. Quand Serge voit qu’il y a un truc qui ne va pas, il appuie sur un bouton, Tommy vient, il fait "OK, OK", et il passe en mode The West Wing. La musique s’accélère, ça parle très vite dans les couloirs, et Tommy trouve la bonne personne pour régler le problème.» Avec son bagou naturel, le vice-président complémente bien un grand chef qui, lui, a horreur des prises de parole publiques et n’est pas à l’aise avec l’anglais. Dans un document audio que Libération a pu consulter, Tommy François appuie sur sa relation privilégiée auprès d’un collègue avec qui il est en conflit : «Je suis un facilitateur, j’applique les prios de Serge, point.» Cette proximité entre les deux hommes est telle que nombre de nos témoins désignent Serge Hascoët comme «le président du boys’ club». Ainsi, Louise se souvient de son embarras quand Tommy François et Serge Hascoët venaient la voir pour parler de sex-toys ou lui demander si elle savait ce qu’est l’ocytocine - l’hormone du plaisir féminin.

Excuse
A ce duo vient s’ajouter un troisième homme, M.B., ancien assistant personnel de Hascoët. Un personnage qui, nous décrit-on, abuse lui aussi de son lien privilégié avec le directeur créatif. A une collègue qui a quotidiennement besoin de lui pour faire valider des budgets, il multiplierait les horreurs : «Quand est-ce qu’on fait l’amour ? Dans quelle salle de réunion ? Où est-ce que c’est planifié dans ton agenda ?» Lui aussi, nous dit-on, aurait pris l’habitude d’une proximité physique malsaine. Elle nous raconte comment il s’assoit sur la chaise de collègues en passant son bras sur leur épaule, leurs fesses, leurs cheveux.

Un soir, nous dit-elle, il attrape la tête d’une salariée restée tard au bureau et l’embrasse sans son consentement. Moment de gêne quand il réalise qu’un collègue est non loin de là. M.B. pense désamorcer la situation encore une fois avec l’excuse de l’humour en allant embrasser l’homme. «Tommy et M.B. étaient très proches, très complices. Ils allaient déjeuner ensemble avec les petites stagiaires, on les retrouvait tout le temps en bas à discuter avec des filles», se souvient une ancienne employée du siège.

A sa propre assistante, M.B. ferait vivre un enfer, qu’elle nous relate. Il lui détaille par le menu ses ébats personnels, lui propose des relookings pour être «plus féminine», lui interdit l’ascenseur parce qu’un peu d’exercice lui fera du bien, et s’amuse à dire qu’il négocie les créneaux avec Hascoët contre des faveurs sexuelles. Un jour du printemps 2015, une discussion s’anime quand elle lui fait part de son ras-le-bol. Il la menace avec un petit couteau, elle s’enfuit aux toilettes. Pendant ce temps, des collègues masculins à proximité lui enjoignent par messagerie de se taire. Plus tard, un supérieur hiérarchique lui expliquera qu’elle aurait dû comprendre d’elle-même que M.B. était «toxique». Un énième incident qui ne débouche pas sur un licenciement. Malgré sa réputation sulfureuse, M.B. est envoyé au service Production, à quelques rues de là. Il quittera l’entreprise fin 2018.

Quand harcèlement et agression se font trop visibles, s’active, selon nos témoins, un système à deux vitesses. Un ancien délégué du personnel nous explique avoir pensé que les garde-fous étaient en place, après avoir vu quelqu’un se faire sanctionner à plusieurs reprises pour des remarques sexistes. Il en va tout autrement pour ceux que l’entreprise appelle ses «talents». Ils sont «au cœur de la création de valeur de l’industrie du jeu vidéo», selon les mots du PDG Yves Guillemot dans le rapport financier 2019. Ces créatifs que le reste de l’industrie pourrait courtiser doivent donc être conservés à tout prix.

«C’est aux ressources humaines de faire le sale travail, nous indique Alice. Elles travaillent sous contraintes, avec comme objectif de retenir les talents. Il ne faut absolument pas qu’ils partent, il faut soigner cette image de "great place to work" [un label après lequel courent les RH, ndlr], fidéliser les gens. Alors, quand surgissent des cas de harcèlement sexuel ou moral, il y a une omerta. On sacrifie les petits. On protège les gros postes, quitte à déplacer les cas les plus toxiques. Les RH se repassent les bébés et profitent du fait qu’Ubisoft est composé de différentes sociétés.» Dans la short-list des personnes aujourd’hui publiquement accusées sur Twitter d’agressions sexuelles, on trouve deux stars de la maison, chéries pour avoir par le passé sauvé des grosses productions. Deux personnes qui ont occupé des postes clés dans l’entreprise, avant d’être mises quelque temps sur des projets plus modestes. Pour resurgir au plus haut niveau de l’organigramme, en janvier, lorsqu’elles ont rejoint le pool des vice-présidents de l’édito, au côté de Tommy François, sous la coupe directe de Serge Hascöet.

Les RH
Les victimes, elles, se heurtent systématiquement au mur des RH. «Les ressources humaines de l’édito, c’est une des pires que j’ai pu rencontrer, elles ne méritent pas tellement le H. J’ai eu l’impression de passer des années à me battre, raconte Cassandra, d’être face à des gens qui n’étaient pas du côté des salariés. Impossible de se tourner vers eux sur les questions de harcèlement, ça aurait été comme parler au camp ennemi.» Quand un salarié fait part d’un souci avec son manager, les réponses sont toujours les mêmes : «Ce sont des créatifs, c’est comme ça qu’ils fonctionnent» ; «c’est ta façon de présenter les faits» ; «si tu ne peux pas travailler avec lui, il est peut-être temps que tu fasses une recherche en mobilité». Le silence ou la porte. «C’est un mal systémique qui concerne tout Ubisoft», juge une source. «Il y avait de la part des RH une sorte de complicité induite avec Tommy François, raconte un homme qui assure avoir été harcelé moralement par le vice-président. On a l’impression d’avoir affaire à un système intouchable, protégé par le top management».

Le mal est si profondément enraciné qu’en comité d’entreprise (du 12 décembre 2019), des élus font part de leur étonnement sur la présence lors d’entretiens d’embauche de questions sur «le seuil de tolérance [des candidats] à un environnement de "blagues viriles, lourdes, ou parfois un peu sexistes"». Réponse d’une directrice des RH telle que consignée dans le compte rendu officiel auquel Libé a eu accès : «Il s’agit sans doute d’un mauvais choix de mots.» Isolées, les victimes ne trouvent aucun espace où s’exprimer. Personne ne fait confiance au référent anti-harcèlement imposé par la loi depuis janvier 2019.

Les délégués du personnel reconnaissent volontiers leur impuissance à traiter autre chose que l’organisation de la fête de Noël. «Rien ne fait plus peur à Ubisoft que la perspective que les DP se syndiquent. Ça a été dit plusieurs fois : "On est bien entre nous, pas besoin d’amener qui que ce soit, et surtout pas des syndicats", et on nous a fait comprendre en CE que si quelqu’un se syndiquait, ça se réglerait avec les avocats.» «Les messages sur la "safe place" Ubi, sur l’entreprise très inclusive, c’est du double discours, explique Alice. Ils ont créé un pôle RSE [responsabilité sociétale des entreprises], supervisé par la DRH, mais le mot d’ordre, c’était de se contenter de faire de la com, nous explique une salariée. Les gens embauchés à ces postes tentent de faire des choses mais se heurtent à des murs.» Ainsi, les signalements restent sans suite. Les victimes, dans une écrasante majorité des cas, quittent l’entreprise dans le cadre d’une rupture conventionnelle. Un package avec un dédommagement financier et un accord de confidentialité. Aucune n’a, à notre connaissance, porté plainte.

Justiciers
Contacté par Libération, Ubisoft ne confirme pas la mise à pied de Tommy François et répond : «Les récentes allégations ont clairement mis en évidence que nous devons faire plus en tant qu’entreprise pour que nos employés se sentent respectés, en sécurité et responsabilisés sur le lieu de travail. Dès qu’elle a été informée de ces allégations, la société a lancé une enquête approfondie menée par un consultant externe. Cette enquête est en cours, et nous prendrons rapidement les mesures appropriées en fonction de ses résultats. Nous prendrons également des mesures importantes et concrètes pour améliorer la culture d’Ubisoft. Nous le ferons dans la plus grande transparence, et nous prévoyons de communiquer les mesures prises et les changements apportés au fur et à mesure de leur mise en œuvre dans les jours et les semaines à venir.» Serge Hascoët et M.B., eux, n’ont pas répondu aux questions envoyées par Libération.

En interne, on nous rapporte pourtant que les premières révélations distillées ces derniers jours sur Twitter sont accueillies comme une inquisition de justiciers bien-pensants. Une source nous explique que les échanges au plus haut niveau d’Ubisoft, au lendemain des premières accusations sur Twitter, ayant conduit à la vraisemblable mise à pied de Tommy François, se seraient focalisés sur la meilleure façon de protéger les talents et de mieux les accompagner dans leur statut de stars plutôt que de repenser la culture d’entreprise et la manière d’accueillir la parole des victimes. «Le business reste le business, c’est très très décevant», s’inquiète-t-on.

Vendredi soir, l’adresse d’Yves Guillemot aux salariés s’accompagnait de deux autres courriers enjoignant tout employé témoin ou victime d’un acte répréhensible de se tourner vers son manager ou les ressources humaines. Dans de nombreux témoignages que nous avons recueillis subsiste la peur. Celle de parler au risque de se griller en interne. Celle de ne pas voir les plus hauts responsables punis. Celle de ne pas voir le système changer. «Les gens savaient. Tout le monde savait, s’étrangle Juliette. La loyauté est une valeur trop importante à Ubisoft.»

https://next.liberation.fr/images/2020/07/0...ut-fair_1793062


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DIDI.
posté 02/07/2020 12:27
Message #17786


Ski mask way
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Merci. wink.gif
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Lask
posté 02/07/2020 13:14
Message #17787


Il se fait retirer deux côtes, la suite va vous étonner
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Le petit gros geek dégueulasse de Game One palpe des centaines de milliers chez Ubi tout en harcelant des pauvres meufs qui ont rien demandé à personne. D'où cette merde a gagné une telle aura, suffit de faire un best of de ses interventions télé ou un collage avec sa gueule.

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Tchoune
posté 02/07/2020 14:31
Message #17788


Je te vois le rouciste !
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Il a eu beau changer de couleur, on voit bien à sa peau et à son bouc que c'est un roux fenston (1).gif
Je vous ai toujours dit de vous méfier de ces gens là cosmoschtroumpf.gif
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Ashura
posté 02/07/2020 14:33
Message #17789


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Déjà sur Gameone y a 20 ans ça se voyait qu'il était pas clair ce gars, je trouve ça ouf que ça ait mis autant de temps à sortir.
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Lask
posté 02/07/2020 14:58
Message #17790


Il se fait retirer deux côtes, la suite va vous étonner
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Citation (Ashura @ 02/07/2020 15:33) *
Déjà sur Gameone y a 20 ans ça se voyait qu'il était pas clair ce gars, je trouve ça ouf que ça ait mis autant de temps à sortir.

Mais oui bordel. Comme Nabil Djellit, tout était déjà là sous nos yeux.
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Boulick
posté 02/07/2020 15:16
Message #17791


Bonjour
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Dès le prénom y'avait un problème en fait.
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Ashura
posté 02/07/2020 18:33
Message #17792


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Y avait des extraits assez annonciateurs ph34r.gif

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Houdini
posté 02/07/2020 19:09
Message #17793


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Oyé Sapapaya
posté 02/07/2020 19:21
Message #17794


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Citation (Houdini @ 02/07/2020 20:09) *
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Sjw mad.gif


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Quand t'as une black card avec un plafond de carte électron tu prends un directeur sportif. © POA
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Vince206plusHDI
posté 02/07/2020 21:00
Message #17795


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footixnumba1
posté 02/07/2020 21:54
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Citation (Ashura @ 02/07/2020 19:33) *
Y avait des extraits assez annonciateurs ph34r.gif


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Bab
posté 02/07/2020 22:00
Message #17797


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